Se changer soi avant de changer son ado

S. a 13 ans et aller à l'école n'est pas facile pour lui, il présente des symptômes de phobie scolaire. L'année dernière, il a passé presque un mois chez lui, et il a fallu lui proposer une adaptation de son emploi du temps pour qu'il puisse retourner un peu à l'école à mi-temps. Sa mère est préoccupée par l'état de son fils, et en supplément des consultations médicales, elle a décidé de rejoindre un groupe de parentalité pour trouver un peu d'aide. C'est en effet difficile pour elle de gérer les difficultés de son fils et de s'occuper de ses autres enfants ainsi que de son emploi à plein temps.Elle se sent dépassée et vraiment fatiguée. Quand S. arrive avec sa mauvaise humeur parce qu'il a passé une très mauvaise journée, c'est difficile pour elle de ne pas sombrer dans le désespoir ou de ne pas le secouer. Pourtant ce n'est pas la solution.

Durant les ateliers, elle comprend que les enfants grandissent en prenant les adultes comme modèles plutôt qu'en suivant leurs conseils et leur recommandations. Elle décide alors d'essayer de changer son propre comportement avec son fils.

Elle se rend compte qu'elle partage souvent avec ses enfants les mauvais moments de sa journée et sa fatigue, et qu'ainsi elle leur donne l'impression que la vie est difficile alors qu'elle sait que leur mode de vie est plutôt privilégié. Comme S. est un garçon très sensible, il a tendance à retranscrire ces difficultés et à prendre la vie du mauvais côté.

La mère de S. commence à partager chaque soir, quelques moments de sa journée qu'elle a particulièrement appréciés, ou la façon dont elle s'est sortie d'une difficulté à son travail. En faisant cela, elle donne l'habitude a ces enfants de porter leur attention sur les petits bonheurs de la vie, au lieu de focuser sur les événements déplaisants.

Dans le même temps, elle essaye d'écouter son fils avec empathie, mais sans plonger immédiatement avec lui dans la désolation, et sans lui donner immédiatement une solution pour se sortir d'affaire. Elle le laisse exprimer ses émotions, et ses préoccupations et admet qu'il peut se sentir triste ou en colère.

Après quelques semaines de ce fonctionnement, l'ambiance de la famille a changé et est devenue plus tranquille. La mère de S. espère vraiment que la nouvelle année scolaire va mieux se dérouler. Maintenant elle essaye d'être un modèle positif pour son fils, et cela s'est révélé être vraiment utile pour lui. Là est tout le pouvoir de la gratitude et de la parentalité consciente.

Leave a Reply